Dès le début de ses études au CNSM de Paris (classe de composition de Guy Reibel) Michel Petrossian reçoit des commandes et bénéficie de résidences artistiques, en France comme à l’étranger (Fondation Royaumont, Domaine Forget au Canada, etc.)

Soucieux de faire connaître la musique de son temps il co-fonde l’ensemble Cairn, et ses œuvres sont diffusées sur France Musique et France Culture.

Il se passionne pour les civilisations anciennes et étudie une dizaine de langues qui leur sont liées. Il soutient un Master en lettres classiques à la Sorbonne, enseigne l’hébreu biblique à l’Ecole des Langues et des Civilisations Anciennes et séjourne un an à l’Ecole archéologique française de Jérusalem où les études de terrain le conduisent à s’intéresser à la musique du Proche Orient ancien. Il enseigne sur ce sujet à l’Institut Polis (Jérusalem) et collabore avec Annie Bélis, directrice de recherches au CNRS et spécialiste de la musique grecque ancienne. Il voyage abondamment dans des pays en lien avec l’histoire ancienne tels que l’Iran, l’Ethiopie, Israël, l’Ouzbékistan, Chypre, la Jordanie, l’Arménie ou la Géorgie. Fort de ces expériences, il investit la composition de façon nouvelle ; son concerto pour piano  In the Wake of Ea, inspiré d’une tablette babylonienne, remporte le Grand Prix International de Composition Reine Elisabeth qui lui est remis par la Reine Fabiola en 2013. L’œuvre est interprétée au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles par les finalistes du Concours Reine Elisabeth de piano et l’Orchestre national de Belgique sous la direction de Marin Alsop, les concerts sont retransmis en direct sur les principales chaînes de la radio et la télévision belge et hollandaise, et Boris Giltburg, lauréat du Premier Prix la grave sur CD.

 

En 2015 Michel Petrossian reçoit une commande de l’UGAB; son œuvre Ciel à vif pour solistes, chœur et orchestre est alors créée au Théâtre du Chatelet sous la direction d’Alain Altinoglu.  Le concert, placé sous le haut patronage du Président de la République, est retransmis en direct à l’Opéra d’Erevan et par satellite dans le monde. La même année il reçoit une commande de l’ensemble Musicatreize pour douze voix solistes ; Horae quidem cedunt… pour 12 voix solistes qui est conçue en dialogue avec le film expérimental « Les Saisons » (1973) d’Artavazd Péléshian  est créée au Festival d’Aix en Provence et redonnée plusieurs fois en France comme à l’étranger.

Michel Petrossian co-signe avec le jazzman Tigran Hamasyan la musique du film « Bravo, virtuose ! » produit par Robert Guédiguian dont la sortie sur grand écran est prévue pour février 2018. Il écrit à cette occasion un Concerto pour clarinette et orchestre, interprété par Philippe Berrod, qui fonctionne comme un « personnage » de ce film qui relate les tentatives de survie d’un orchestre de chambre en Arménie post-soviétique, et les péripéties d’un jeune clarinettiste, héros principal, pour trouver des financements.

En décembre 2016 Michel Petrossian a été l’un des trois compositeurs sollicités, avec Gad Barnéa et Thierry Escaish, pour un concert-événement à Saint-Etienne du Mont placé sous le patronage de Caroline de Hanovre, et où trois textes du livre de Jérémie, en hébreu, grec et latin, étaient mis en musique et lus, en association avec un colloque organisé à l’Ecole Normale rue d’Ulm et à la Sorbonne.

À l’occasion du lancement d’un programme vaste projet de recherches de l’École archéologique française de Jérusalem qui mobilise trois cents chercheurs, et d’un colloque à la Sorbonne et à l’Ecole Normale Supérieure consacré à celui-ci, Michel Petrossian a été l’un des trois compositeurs, avec Thierry Escaich et Gad Barnéa, sollicités pour une œuvre nouvelle conçue pour un spectacle exceptionnel créé à Saint-Étienne du Mont en décembre 2016 et placé sous le patronage de Caroline de Monaco. Le DVD de ce spectacle est récompensé au festival du film catholique à Rome en 2017.

 

Récemment plusieurs projets américains viennent enrichir ses expériences : l’Université de Michigan lui a commandé une œuvre dans le cadre du projet « Rhapsodies Around the World » où un compositeur par continent est sollicité ; le trio « A fiery flame, a flaming fire » pour piano, violon et violoncelle lui a été commandé et créé au Zipper Hall à Los Angeles en février 2016, et lors de son récital au Carnegie Hall le pianiste Andrew Tyson a offert la création américaine de La lutte ardente du vert et de l’or pour piano, remarquée par le New York Times dont le critique Anthony Tommasini écrit : « Le compositeur Michel Petrossian est venu assister à la création de son œuvre fantastique… qui, de même que les préludes de Dutilleux, possède de telles qualités d’improvisation et une telle vivacité que la troisième sonate de Skriabin, pourtant si furieuse, apparaissait presque homogène et bien sage en comparaison »

Commande de l’Etat, un projet d’envergure de Michel Petrossian intitulé Amours sidoniennes a été créé au Grand Théâtre de Provence en janvier 2017, devant un parterre de près de mille auditeurs. Cette vaste fresque pout chœur d’hommes et ensemble instrumental est basée sur des inscriptions en grec trouvées dans une cave funéraire sidonienne à Beit Gouvrin (Israël).  Résultat d’un travail préalable sur le texte, et sur le site archéologique, avec des épigraphistes, philologues et historiens, ce projet illustre la démarche constante du compositeur qui articule son intérêt profond pour les univers anciens dans une association féconde du savoir universitaire et de l’élan créateur.

A l’occasion de l’ouverture d’une nouvelle salle dédiée à sa collection d’icônes le musée du Petit Palais et la conservatrice du fond byzantin Raphaëlle Ziadé sollicitent Michel Petrossian pour un dialogue musical avec une icône crétoise du XVIIème siècle, joyau  de la collection. « Chanter l’icône » est un projet où se mêlent musique, texte et images, et qui se présente comme une réanimation musicale d’une œuvre qui est à son tour l’interprétation picturale d’une hymne byzantine. La démarche d’un retour aux sources qui ont servi à l’inspiration initiale de l’iconographe crétois a conduit le compositeur à rechercher l’hymne byzantine auprès d’Alexandre Lingas, professeur à l’Université de Londres. Les échanges autour d’icône avec Raphaëlle Ziadé ont permis une relecture détaillée de l’œuvre qui a donné naissance à six séquences musicales, aux textes les plus variées en cinq langues qui entretiennent ce dialogue élargi. Hormis l’hymne byzantine, Michel Petrossian utilise également une version slave de la même hymne, ainsi qu’un chant éthiopien noté lors de sa visite du monastère ethiopien Yemrehana Qrestos.

Trouvant dans la recherche scientifique des sources d’inspiration créatrice la démarche du compositeur veut magnifier un héritage ancien qui, relu et fécondé par un regard d’aujourd’hui, donne sens et vie à une œuvre nouvelle qui s’inscrit en même temps dans une longue tradition codifiée.

 

Les projets actuels de Michel Petrossian incluent un oratorio sur un livret conçu par Laurent Gaudé, à l’intention de la Maîtrise de Radio France et l’ensemble Musicatreize, un quatuor à cordes pour un festival de Los Angeles, une œuvre nouvelle commandée par l’Université Notre Dame d’Indiana ainsi qu’une œuvre nouvelle à l’occasion des vingt ans de création de l’ensemble Cairn dont Michel Petrossian a été l’un des co-créateurs à l’origine.

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